Si vous venez d'apprendre qu'une plainte vous vise
Respirez, puis agissez dans l'ordre. Une plainte ordinale ouvre une procédure, elle ne dit rien de son issue.
- Lisez le courrier en entier. Notez chaque date : convocation, délai de réponse, audience.
- Prévenez votre assureur en responsabilité civile professionnelle. Beaucoup de contrats incluent une protection juridique ou imposent une déclaration rapide ; vérifiez le vôtre.
- Contactez un avocat ou votre syndicat. Avant de répondre sur le fond.
- Rassemblez les pièces. Dossier du patient, traces de l'information et du consentement, échanges écrits. Ne modifiez jamais un dossier après coup.
- Ne contactez pas le plaignant de votre propre initiative. Sans conseil, un contact direct peut aggraver la situation.
Ces conseils sont généraux. Ils ne remplacent pas l'avis d'un avocat sur votre situation. Pour un déroulé détaillé, voir le guide procédure disciplinaire ordinale pas à pas.
Le parcours d'une plainte ordinale, étape par étape
D'après la page « La juridiction ordinale » du Conseil national de l'Ordre des médecins (mise à jour le 23 juillet 2025), une plainte suit les étapes suivantes.
| Étape | Instance ou acte | Ce que décrit l'Ordre |
|---|---|---|
| 1 | Plainte auprès du conseil départemental | C'est le point d'entrée de la procédure. |
| 2 | Conciliation | Une tentative de conciliation précède l'examen par la juridiction. |
| 3 | Chambre disciplinaire de première instance | Si la conciliation n'aboutit pas, la plainte est examinée par cette juridiction. |
| 4 | Chambre disciplinaire nationale | Elle peut être saisie en appel. |
| 5 | Conseil d'État | Il peut être saisi pour les points de droit. |
Les délais, les formes de la plainte, l'instruction et les voies de recours sont fixés au chapitre « Procédure disciplinaire » du code de la santé publique (articles R4126-1 et suivants). Lisez-les sur Légifrance dans leur version en vigueur : nous ne les reproduisons pas ici pour ne pas figer des détails qui peuvent changer.
Associer votre situation à une formation
Les situations qui conduisent le plus souvent à des plaintes et à des enquêtes, la manière dont elles sont examinées et les formations qui y répondent.
Certificat contesté ou jugé de complaisance
L'article R4127-76 du code de la santé publique demande un certificat lisible, en français, daté, qui identifie et est signé par le médecin, fondé sur ses propres constatations. Le Conseil national de l'Ordre ajoute : examiner avant de certifier, attribuer au patient ses déclarations, ne pas antidater.
Défaut d'information ou de consentement
Les articles L1111-2 et L1111-4 imposent d'informer sur les bénéfices, les risques, les alternatives et les conséquences d'un refus, et de recueillir un consentement libre et éclairé. La preuve de l'information incombe au professionnel.
Violation du secret professionnel
L'article L1110-4 encadre le partage d'informations au sein de l'équipe de soins et le droit d'opposition du patient ; l'article 226-14 du code pénal prévoit des dérogations.
Dossier incomplet ou accès refusé
L'article L1111-7 organise l'accès du patient à son dossier : huit jours après un délai de quarante-huit heures, deux mois si les informations ont plus de cinq ans.
Refus de soins ou rupture de la prise en charge
L'article L1110-3 interdit les refus de soins discriminatoires ; le patient peut aussi refuser un traitement (article L1111-4).
Honoraires contestés
L'article R4127-53 évoque le tact et la mesure, des honoraires pour les seuls actes réalisés et une information préalable du patient.
Publicité, avis en ligne, réseaux sociaux
L'article R4127-19-1, en vigueur depuis le 25 décembre 2020, exige une information loyale et honnête, sans témoignages ni comparaisons ni incitation à des soins inutiles.
Conflit avec un confrère
L'article R4127-56, en nouvelle rédaction depuis le 30 juillet 2026, parle de bonne confraternité et d'un mode amiable de résolution des litiges, avec conciliation possible par le conseil départemental.
Liens d'intérêts et avantages
Les articles L1453-3 à L1453-6 interdisent d'offrir certains avantages et l'article L1453-1 prévoit la transparence. L'ancien article L4113-6 est abrogé.
Les mots de la procédure ordinale, expliqués simplement
- Plainte : demande écrite qui porte à la connaissance de l'Ordre un manquement présumé à la déontologie.
- Conseil départemental : instance locale de l'Ordre qui reçoit la plainte (médecins) et organise la conciliation.
- Conciliation : rencontre amiable qui précède la juridiction ; elle peut mettre fin au litige.
- Chambre disciplinaire de première instance : première juridiction ordinale ; elle juge si la conciliation échoue.
- Chambre disciplinaire nationale : juridiction d'appel de l'Ordre.
- Mémoire en défense ou observations : écrit par lequel le professionnel répond à la plainte.
- Sursis : exécution suspendue d'une sanction, sous conditions.
- Conseil d'État : juge suprême de l'ordre administratif, saisi sur les points de droit.
Le glossaire de la réglementation professionnelle en donne plus de quarante.
La conciliation : mode d'emploi
La conciliation précède l'examen par la chambre disciplinaire. Elle est une occasion d'écouter le plaignant, d'expliquer ce qui s'est passé et de rechercher une issue amiable. Quelques repères pratiques, qui ne sont pas des règles de droit :
- Préparez une chronologie courte des faits, appuyée sur le dossier.
- Distinguez l'explication (ce qui s'est passé) de la justification (pourquoi vous l'avez fait).
- Évitez de discuter des détails de santé d'autres patients et respectez le secret professionnel.
- Demandez à votre conseil si une personne peut vous accompagner.
- Écoutez sans interrompre : le plaignant cherche souvent d'abord à être entendu.
Notre formation Après une plainte ordinale : procédure, conciliation et défense (3 heures) détaille la préparation de la conciliation et du mémoire en défense.
Les sanctions possibles : avertissement, blâme, interdiction d'exercer, radiation
Pour les médecins, le Conseil national de l'Ordre cite quatre niveaux, de la plus légère à la plus lourde :
| Sanction | Précision (selon l'Ordre des médecins) |
|---|---|
| Avertissement | Premier niveau |
| Blâme | Deuxième niveau |
| Interdiction d'exercer | Jusqu'à trois ans, avec ou sans sursis |
| Radiation | Dernier niveau |
La liste fait l'objet de l'article L4124-6 du code de la santé publique, qu'il faut consulter dans sa version en vigueur et pour votre profession : ne reprenez pas la liste de la page du Conseil national de l'Ordre des médecins comme si elle valait pour tous les Ordres sans l'avoir vérifiée. Les décisions des chambres disciplinaires peuvent faire l'objet des recours prévus par le code. Un avocat saura vous dire lesquels s'appliquent à votre situation.
Entre la conciliation et l'audience : instruction et pièces
Si la conciliation n'aboutit pas, la plainte peut être examinée par la chambre disciplinaire de première instance. Les règles de procédure du chapitre VI du code de la santé publique fixent la communication des pièces, les délais d'écriture et la tenue de l'audience ; elles se lisent aux articles R4126-1 et suivants, dans la version en vigueur à la date de votre affaire. Selon la situation, vous pouvez faire appel à un avocat, et vous avez intérêt à le faire dès ce stade.
Pendant cette phase, trois principes simples aident : ne rien modifier au dossier, répondre dans les délais, et rédiger des observations qui s'appuient sur des pièces plutôt que sur des impressions.
Préparer l'audience devant la chambre disciplinaire
L'audience est un moment d'explication devant des juges, pas une nouvelle conciliation. Quelques repères généraux, à adapter avec votre conseil :
- relisez le dossier et vos observations avant l'audience pour répondre sans hésitation aux dates et aux faits ;
- répondez aux questions posées, sans élargir à des sujets non évoqués ;
- restez factuel et courtois, y compris avec le plaignant et les confrères cités ;
- reconnaissez ce qui doit l'être, sans jamais présenter comme certain ce qui ne l'est pas ;
- préparez deux ou trois phrases sur ce que vous avez changé, si cela est exact.
Après la décision : la lire, la comprendre, envisager un recours
Lisez la décision en entier, y compris les motifs : ils indiquent quels faits ont été retenus et quel texte a été appliqué. Faites-vous conseiller sur les voies de recours et leurs délais : appel devant la chambre disciplinaire nationale, puis pourvoi devant le Conseil d'État sur les points de droit, selon la présentation du Conseil national de l'Ordre des médecins. Les conséquences pratiques d'une sanction (exercice, remplacement, assurance, employeur) se vérifient auprès de votre Ordre et de votre assureur : nous n'en donnons pas le détail.
Trois exemples fictifs de reproches et de textes à relire
- Un certificat contesté. Un patient présente à son employeur une attestation qui rapporte des faits survenus en dehors du cabinet. Texte à relire : l'article R4127-76 (certificat fondé sur les constatations personnelles du médecin) et l'article R4127-28 (certificat de complaisance).
- Une information jugée insuffisante. Une patiente affirme ne pas avoir connu un risque de l'intervention. Textes à relire : les articles L1111-2 et L1111-4, la preuve de l'information incombant au professionnel ; le dossier doit en porter la trace.
- Un message à un confrère. Un courrier au ton vif adressé à un collègue est transmis au conseil départemental. Texte à relire : l'article R4127-56 sur la confraternité et le mode amiable de résolution des litiges, dans sa rédaction en vigueur depuis le 30 juillet 2026.
Ces exemples illustrent la méthode et ne préjugent d'aucune issue : chaque dossier se juge sur ses faits et sur le texte applicable à la profession.
Et si je ne suis pas médecin ? Les sources de chaque Ordre
Infirmiers, pharmaciens, sages-femmes, chirurgiens-dentistes et masseurs-kinésithérapeutes relèvent chacun de leur Ordre et de leur code.
| Profession | Ressource publiée | Ordre |
|---|---|---|
| Infirmiers | « Comment déposer une plainte disciplinaire contre un infirmier ? » (novembre 2023) | Ordre national des infirmiers |
| Pharmaciens | Page « Les chambres de discipline » | Ordre national des pharmaciens |
| Sages-femmes | Sommaire de la plainte en ligne (janvier 2026) | Ordre des sages-femmes |
| Chirurgiens-dentistes | Pas de page équivalente trouvée : interroger le conseil départemental | Ordre des chirurgiens-dentistes |
| Masseurs-kinésithérapeutes | Pas de page équivalente trouvée : interroger le conseil départemental ou régional | Ordre des masseurs-kinésithérapeutes |
Retrouvez le code de chaque profession dans la page déontologie par profession.
Un cas à part : le refus de soins discriminatoire
L'article L1110-3 du code de la santé publique interdit tout refus de soins fondé sur un motif discriminatoire, y compris parce que la personne bénéficie de la complémentaire santé solidaire ou de l'aide médicale d'État. Selon cet article, la plainte peut être adressée au directeur de l'organisme local d'assurance maladie ou au président de l'Ordre, avec une conciliation dans un délai de trois mois, avant la voie disciplinaire. Voir la formation Refus de soins, discrimination et continuité des soins.
Plainte ordinale, réclamation, médiation : les différencier
Toute contestation d'un patient n'est pas une plainte ordinale. Une réclamation peut être traitée par la commission des usagers d'un établissement, par un médiateur ou par l'Ordre. La plainte ordinale vise un manquement à la déontologie et est jugée par la juridiction ordinale ; la responsabilité civile ou pénale relève d'autres juridictions. Ne présumez pas qu'une procédure en remplace une autre : demandez à votre avocat ou à votre assureur comment elles s'articulent dans votre cas. Voir la page formations après une plainte.
Préparer sa réponse et travailler ses pratiques : la remédiation
Une réponse solide repose sur trois éléments : des faits établis par le dossier, une lecture honnête de la règle applicable et, quand c'est justifié, une explication de ce que vous avez modifié depuis. Cette dernière partie s'appelle la remédiation : repérer ce qui a manqué, corriger ce qui peut l'être et organiser la pratique pour éviter que cela se reproduise.
Une formation peut y contribuer en vous donnant le texte et une méthode. Elle ne se substitue ni à la défense ni à une décision de justice, et nous ne pouvons rien promettre sur son effet. Le parcours après une plainte ordinale (11 heures, 259 € au lieu de 375 €) rassemble cinq formations : procédure et conciliation, code de déontologie, secret, consentement et droits des usagers. Voici les formations à rapprocher du reproche formulé.
Après une plainte ordinale : procédure, conciliation et défense
Expérience patient, droits des usagers et gestion des réclamations
Code de déontologie : les fondamentaux par profession
Confraternité et conflits entre professionnels de santé
Pour aller plus loin : nos guides pratiques
Où trouver du soutien
Votre assureur, un avocat, votre syndicat et, selon les cas, les dispositifs d'entraide de votre Ordre. Si la procédure pèse sur votre santé, consultez un médecin. Notre formation Santé du soignant : prévenir l'épuisement professionnel aide à repérer l'épuisement. Nous n'avons pas vérifié le contenu des services d'entraide de chaque Ordre.
Formations recommandées
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Tenir un dossier clair, traçable et conforme : ce qu'on y écrit, ce qu'on peut en communiquer, combien de temps on le conserve.
Santé du soignant : prévenir l’épuisement professionnel
Repérer l'épuisement chez soi ou chez un collègue, agir sur l'organisation et les habitudes, se faire soigner et préparer l'arrêt et la reprise.
Questions
Qui peut déposer une plainte ordinale ?
Nous ne détaillons pas ici la liste des personnes habilitées, qui dépend des textes de chaque profession. Les pages des Ordres et les articles R4126-1 et suivants du code de la santé publique la donnent. Nous renvoyons à ces sources plutôt que de la résumer de mémoire.
La conciliation est-elle obligatoire ?
Le Conseil national de l'Ordre des médecins présente la conciliation comme l'étape qui suit la plainte avant la chambre disciplinaire. Les conditions exactes se lisent dans les articles R4126-1 et suivants ; demandez à votre avocat comment elles s'appliquent à votre situation.
Quelles sanctions risque-t-on ?
Pour les médecins, le Conseil national de l'Ordre cite l'avertissement, le blâme, l'interdiction d'exercer jusqu'à trois ans avec ou sans sursis et la radiation. La liste officielle est à l'article L4124-6 du code de la santé publique.
Puis-je faire appel d'une décision ?
La chambre disciplinaire nationale se situe après la chambre de première instance, puis le Conseil d'État peut être saisi sur les points de droit, selon la présentation du Conseil national de l'Ordre des médecins. Un avocat vous indiquera les délais applicables.
Une formation sera-t-elle prise en compte par la chambre ?
Nous ne pouvons pas le garantir. Une formation peut montrer une démarche de remédiation, mais la décision appartient à la juridiction. Si elle exige une formation précise, vérifiez avec elle que la nôtre convient.
Vos formations sont-elles des actions de DPC ?
Non, elles ne sont pas enregistrées auprès de l'ANDPC et ne sont pas agréées par un Ordre. Elles donnent une attestation de fin de formation avec l'intitulé et la durée en heures.
Que faire si la plainte concerne un autre Ordre que celui des médecins ?
Cherchez la page de votre Ordre : les Ordres des infirmiers, des pharmaciens et des sages-femmes publient des informations sur la procédure. Le parcours des médecins ne s'applique pas forcément à votre cas.
Que signifie « mémoire en défense » ?
C'est l'écrit par lequel le professionnel répond à la plainte et expose les faits, le texte applicable et ses explications. Notre guide « répondre à une plainte » propose une trame.
Dois-je modifier mon dossier pour le compléter ?
Non, ne modifiez jamais un dossier après coup. Si un ajout s'impose, demandez conseil à votre avocat : un ajout daté et signalé comme tel n'a pas la même portée qu'une modification silencieuse.
Existe-t-il un parcours de formation dédié ?
Oui, le parcours après une plainte ordinale : cinq formations (11 h) à 259 € au lieu de 375 €. Il ne garantit aucune issue.
Sources officielles
Vérifié en novembre 2026. Les règles et les procédures évoluent : confirmez la situation actuelle auprès de la source officielle. Cette page fournit des informations générales et ne constitue pas un conseil juridique.
- Conseil national de l'Ordre des médecins : la juridiction ordinale
- Légifrance : art. L4124-6 du code de la santé publique
- Légifrance : procédure disciplinaire, art. R4126-1 et suivants
- Légifrance : art. L1110-3 du code de la santé publique
- Légifrance : art. R4127-76 du code de la santé publique
- Ordre des infirmiers : comment déposer une plainte disciplinaire
- Ordre des pharmaciens : les chambres de discipline
- Ordre des sages-femmes : sommaire de la plainte en ligne
- Légifrance : art. L1111-7 du code de la santé publique
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Comment ce guide est élaboré
Sources officielles uniquement
Chaque point juridique et réglementaire provient de sources primaires : le Code de la santé publique, les codes de déontologie des professions, ainsi que les décisions et orientations des Ordres et de la Haute Autorité de santé. Tout ce que nous ne pouvons pas confirmer est écarté.
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